mardi 11 avril 2017

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Je suis loin, très loin, de la France. Pourtant, sans que je sois capable d’expliquer pourquoi, une irrésistible envie, un besoin maladif, me poussent à m’intéresser encore au pays où je suis né.  Actualités, tristes rumeurs ou vulgaires pantomimes ; rien, ou presque, ne m’échappe. Et puis, en appuyant sur la touche qui fait disparaître l’image après quelques minutes, je jure de ne plus jamais retomber dans ce dangereux rituel.

La plupart des hommes politiques ont une très mauvaise réputation. Pourtant, il faut bien admettre qu’ils sont les seuls à encore sacrifier à la tradition, les tout derniers à respecter cette coutume désuète du 1 er Avril.

Les français sont moroses. Plutôt que l’Etat d’urgence, il leur faudrait d’urgence un Etat.

Je ne suis pas le genre d’homme qui garde toujours ses pointes d’asperges pour les déguster plus tard. La vie est un banquet qui ne s’éternise pas, alors je commence toujours par le dessert.


Plus de soixante ans maintenant, et toujours pas d’exploit ! Même les résultats de mes analyses sanguines ne sortent pas de la moyenne.

Julius Marx

jeudi 9 mars 2017

Voyage (s)





Voyage, voyage...


Je consulte un site spécialisé dans la location de chambres ou d’appartements chez l’habitant. La phrase de présentation du site me laisse dubitatif : « Réservez des logements uniques et vivez là-bas comme des locaux. » Cette éternelle illusion du voyageur de passage pourrait sembler risible si elle ne trahissait pas l’évidente stupidité des visiteurs. Devant de tels cons, les adeptes de la semaine tout compris font figure d’aventuriers.

Un voyage est une création de l'esprit. 

Dans un voyage, le plus important, ce n'est pas les paysages visités, mais le visiteur.

Les cités antiques peuvent bien s'écrouler, les déserts devenir des parcs d'attraction, seul le souvenir est magnifique.

Le suicide? Non. Je veux manger la pomme jusqu'à son trognon, même si je sais qu'elle est bourrée de pesticides.

Il n'y a plus de poète.. Parce qu'il n'y a plus de nappe en papier dans les restaurants. Il n'y a plus de restaurants non plus.

mardi 28 février 2017

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Plonger. Vivre une autre vie sous l’eau.
Là où les poissons gardent leurs distances
Là où règne le vrai silence.
Tout est parfaitement incroyable.
Des heures passées en ma propre compagnie muette.
Ne sortir que pour apprécier le crépuscule furtif,
La fin d’un monde.


Je n’attends plus aucun secours de la part des psychologues. Inutile qu’ils viennent balancer du pesticide dans mon jardin secret. Je connais la nature de mon problème : j’aime trop le genre humain, et la plupart des hommes ne le mérite pas.


Le poète meurt, mais ne se rend pas.



Moi, la marine française, je lui dis MERDE.

Julius Marx

mercredi 15 février 2017

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-Le Pécémac mérite bien l’ode enflammée du poète, aux côtés des primevères en deuil où d’un rossignol pleureur. Songez aux futilités que l’appareil merveilleux nous a très gentiment évitées. Grâce à lui, plus besoin par exemple, d’échanger avec nos amis : le Monstre omniscient s’en charge. Nul besoin non plus de perdre un temps précieux avec nos rejetons qui, on le sait, préfèrent, et de très loin, la compagnie virtuelle à la nôtre, la mémoire vive de la machine à nos défaillances répétées.


-J’ai reçu tant d’idées !


-Ceux qui s’étonnent aujourd’hui des emplois fictifs sont les mêmes qui hier achetaient et mangeaient des lasagnes surgelés.


-On tire le rideau du petit réduit où l’on vote, comme on abaisse le verrou de la porte des toilettes.


-L’artiste est un pyromane, pas un pompier volontaire.


-Je consomme ma solitude entre les repas, comme un médicament contre la toux.



-La réponse est : Egon Schiele.

vendredi 10 février 2017

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J'aime les livres écrits au passé-décomposé.


Comment reconnaître à coup sûr un surréaliste (2)
Lors d'un enterrement : c'est le seul qui garde la rose qu'il s'apprêtait à jeter dans le trou béant pour balancer à la place le goupillon.


Lorsque vous aurez achevé la lecture de cette phrase, jetez-la !


Tzara est un imparfait du subjonctif

jeudi 9 février 2017

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Il y a très longtemps que j'ai fait une croix sur la religion.

N'ayant pas de mur dans mon appartement, j'ai empilé mes idées pour me séparer de mon voisin. Par chance, nos visions sont très différentes.

Pour satisfaire ses besoins surnaturels, le Pape dispose d'un saint siège.

Comment reconnaître à coup sûr un surréaliste (1)
Chez le boulanger : c'est le seul client qui demande une baguette mal-cuite.

Ce matin, je suis sorti de chez moi pour acheter une phrase. Malheureusement, le petit artisan  qui tenait boutique dans ma rue est retourné dans un autre siècle. Les phrases arabes ( de langue Khabyle ou Berbère), me donnent toujours l'impression d'avancer à reculons quant aux caractères chinois, ils me font l'effet d'un redoutable casse-tête. Alors, j'ai dû me rendre dans un supermarché. Le vendeur, qui s'occupait en même temps des rayons électro-ménager et aliments pour chiens et chats, m'a semblé quelque peu désabusé.Je lui ai dit que je cherchais une bonne phrase bien solide avec des verbes chantants et beaucoup d'adjectifs. Il m'a conseillé le rayon  des classiques. Je n'avais pas assez d'argent pour me payer une phrase de Proust, alors, j'ai choisi quelques lignes très simples en promotion. A la caisse, la préposée m'a informé que le magasin ne donnait plus de sac plastique. J'ai payé, j'ai fourré la phrase dans ma poche et je suis rentré chez moi.
Plus tard, assis seul dans ma petite cuisine, j'ai mangé un bon cassoulet toulousain. Rassasié, j'ai lu très vite la phrase et puis, je l'ai fourré dans la boite vide de cassoulet avant de la coller dans le vide-ordure.